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SYNOPSISM
Ténin, une jeune fille muette issue d’une riche famille malienne, se suicide après avoir tué Sékou, un jeune homme infidèle qui l’a mise enceinte, et afin d’échapper au jugement de sa famille et de la société.
CRITIQUE
Den Muso (La jeune fille en bambara) est le premier long métrage de Souleymane Cissé, mais il contient déjà certains des aspects que développera le cinéaste malien tout au long de son œuvre, notamment sa référence à la femme africaine et son intérêt dans la qualité esthétique de l’image. Pour être compris, ce film doit aussi être resitué dans une époque (les années 70) et dans le contexte particulier du Mali.
Cette époque est celle d’un large développement de la critique sociale et de l’élaboration d’un réalisme social chez les cinéastes africains, à la suite de l’exemple donné par Ousmane Sembène ; au risque parfois d’un certain didactisme. Souleymane Cissé, notamment à travers cette première œuvre importante que constitue Den Muso, n’échappe pas toujours à ce didactisme, par les thèmes qu’il aborde aussi bien que par la manière de les aborder ; une tendance qui peut probablement être liée à l’influence encore présente du VGIK, l’école de cinéma où a été formé Cissé (dans ce qui était encore l’URSS).
D’un autre coté, cette forte orientation didactique, réaliste, et critique de Cissé peut être rattachée au contexte particulier du Mali, vaste pays d’Afrique de l’Ouest très marqué par les traditions africaines, d’une part, et l’Islam, d’autre part. De là découle une volonté de parler directement de réalités à la fois simples et complexes, quotidiennes et tragiques. Den Muso raconte ainsi l’histoire d’un jeune homme, Sékou, qui est renvoyé de l’usine où il travaille parce qu’il a osé demander une augmentation. Chômeur, il fréquente Ténin, une jeune fille muette, et ignore qu’elle est la fille de son ancien patron. Ténin enceinte devra affronter la colère de ses parents. Elle se trouve ainsi confrontée brutalement à la morale traditionnelle de sa famille et à la lâcheté de Sékou qui refuse de reconnaître l’enfant et qui fréquente une autre femme. Désespérée, Ténin met le feu à sa hutte (où périront Sékou et son amante), puis elle se donne la mort. Sur un autre plan, il convient aussi de voir que Den Muso révèle déjà une caractéristique du cinéma de Souleymane Cissé : l’importance du travail formel en relation avec un aspect symbolique lié au personnage central du film, à savoir son mutisme, travail qui transparaît notamment dans la manière de filmer Ténin. Ainsi, malgré les moyens limités dont il disposait à l’époque, on peut sentir l’intérêt que porte Cissé à la qualité esthétique de la photographie, même si on reste encore, avec Den Muso, dans la logique didactique du réalisme social.
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